Un peu d'histoire...
Difficile de voir les souffrances d'ici, d'entendre parler des pays voisins
d'Afrique (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Mali, Nigéria)
comme d'Eldorados sans se demander comment le Niger en est arrivé là.
La réponse est peut-être politique. Voici un bref aperçu
des dernières décennies :
- de 1960 à 1974, Hamani Diori est au pouvoir. Son incompétence,
et la misère que provoquent les sécheresses de 1973 conduisent
à un coup d'Etat mené
- par Kountché qui reste au pouvoir jusqu'à sa mort en 1987.
La prospérité est alimentée par les ventes d'uranium
et par l'intégrité du dictateur. Aujourd'hui encore, il est
respecté de tous.
- A sa mort lui succède un de ses lieutenants, Ali Saïbou. Il
est loin de faire preuve d'autant de compétence, d'intégrité
et de volontarisme que son prédésesseur.
- le 9 février 1990, les étudiants de l'université de
Niamey manifestent pour la démocratie. La police tire dans la foule
et fait trois morts. Les syndicats de salariés se joignent alors au
mouvement en faveur du multiplartisme. Une conférence nationale est
appelée, qui débouche sur des élections fin 1992, qui
portent Mahamale Ousmane à la présidence. En octobre 1994 il
perd la majorité à la chambre des députés. S'ensuit
une cohabitation, qui se traduit dans les faits par une paralysie du pouvoir,
- à laquelle met fin en janvier 1996 le général Baré
par un coup d'Etat, validé par la suite par des élections truquées.
Il est assassiné le 9 avril 1999 par le général Wanké
- qui prend alors la tête du "Comité de Réconciliation
Nationale". Pendant un an, les salaires et les bourses ne sont plus versés.
La destination finale de l'argent fait peu de doute aux yeux du peuple. Sous
la pression de la rue et de la "communauté internationale",
Wanké rend le pouvoir aux civils en organisant des élections,
qui voient la victoire de Hamadou Tandja en novembre 1999. Mais la classe
politique est discréditée : les détournements de fons
colossaux du CRN se sont fait à son vu et à son su, la constitution
porte en elle un article sur les amnisties de tous les faits et gestes des
membres du CRN...